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VLC, liens et impôts

Non, je ne suis pas (encore) mort 🙂

Je m’excuse pour mon manque d’assuidité ces derniers mois. J’espère cependant me rattraper 😉 Afin de me faire pardonner, je vais vous présenter un dossier sur une affaire débordante de stupidité mais malheureusement bien réelle.

Le web : un ensemble de liens

Qu’est ce le Web ? C’est un contenu présent sur un serveur et consultable par n’importe quel appareil connecté au réseau. Afin de pouvoir consulter une page web, il suffit de taper l’adresse du serveur dans son navigateur.

Par exemple pour se connecter sur fr.wikipedia.org, on peut sois taper l’adresse IP du serveur (xxx.xxx.xxx.xxx:80), soit taper directement l’url (http://fr.wikipedia.org).

On peut donc dire que le net est un ensemble de liens hypertexte.

Avoir du contenu, c’est bien mais le trouver c’est mieux

Vu qu’il est impossible pour un humain de mémoriser l’URL de tous les sites existant sur Internet, des moteurs de recherches (Google, duckduckgo …) utilisent des robots afin d’indexer le contenu et afficher ainsi des résultats aux requêtes des internautes.

Le référencement

Afin de pouvoir « exister » sur le Web, il est nécessaire d’être bien référencé sur les moteurs de recherches. C’est-à-dire apparaître sur la première page voire sur la seconde. Afin d’être bien référencé, il existe plusieurs méthodes :

  • Gratuit
    • Faire des pages web bien structurées, hiérarchisées avec des balises HTML donnant un sens sémantique au texte.
    • Faire des pages avec un temps de chargement correct (résolution des images, taille des codes CSS, JS … à importer)
    • En plaçant des liens redirigeant sur son site (via les réseaux sociaux, forums …)
    • Échange de liens
  • Payant
    • Annonces sur les moteurs de recherches.
    • Échange ou achat de liens afin de promouvoir son site

Quel est le lien avec les impôts ?

Vous allez sûrement me dire que vous ne voyez pas le lien (XD) entre le fonctionnement de base d’Internet et l’affaire VLC/Bercy mais ne vous inquiétez pas ça va venir.

Torrent

What ? Pourquoi ce Gratus se met-il à parler de Torrent maintenant ? Il n’y a aucun lien entre Torrent et VLC non ? En fait si ^^.

Les sites de torrent servent à télécharger du contenu (légalement bien sûr !). Sauf que downloader du contenu est bien, mais le lire est encore mieux.

Ainsi, les trackers Torrent9.biz et Torrent9.me. ont indiqués dans leur page d’aide « pour les fichiers vidéos (.avi .mp4 .mkv, etc.) nous vous conseillons le logiciel VLC (gratuit) disponible cette adresse : www.videolan.org/vlc/« .

Vous ne voyez rien d’anormal ? Non ? Vous êtes sûr ? C’est normal… car vous ne travaillez pas à Bercy.

Rien à déclarer

Logo de VLC
Logo de VLC

VLC a reçu le 23 janvier 2017 une lettre de l’administration fiscale lui imposant de lui communiquer les « coordonnées du client complètes », les « coordonnées bancaires, moyens de paiement du client et date du dernier paiement » ainsi que copie du « contrat de référencement » concernant Torrent9.biz et Torrent9.me.

Le refus de fournir les documents demandés expose VideoLan à une amende de 5 000€.

Devant l’incompréhension de VLC, qui n’a évidemment aucun lien contractuel avec Torrent9, l’administration fiscale a déclaré par téléphone « s’ils ont un lien vers votre site web, c’est que vous les payez : le référencement, ce n’est pas gratuit… »

Et là, si on suit la logique de notre chère administration, je vous laisse imaginer les couilles en or que se fait Wikipédia pour ses articles de qualités 😉

Twitter, quand tu nous tiens…

VLC a donc décidé de rendre publique cette demande et n’hésite pas à annoncer sa mésaventure sur Twitter.

Devant le bad buzz en puissance et afin de désamorcer la situation, @dgfip_officiel s’est rétracté via le tweet suivant :

Je vous invite à lire les commentaires, c’est très instructif.

Circulez ! Il n’y a rien à voir !

Suite à cette affaire et faisant son travail de journalisme, nextinpact.com a demandé quelle était la marge de manœuvre d’une association à qui des copies de documents qui n’existent pas sont demandées. La réponse de l’administration est très étonnante et choquante : « Vous demanderez à votre ami de ne pas contacter les journalistes. C’est fait au titre du droit de communication, je ne vous répondrai pas ».

Conclusion :

  • Journaliste, on sait très bien que si tu ne parle pas de résultats sportifs, de pluies et de beaux temps, de recettes locales, c’est que tes copains se sont plaints à toi.
  • Enfin mon cher journaliste, fait comme nos parlementaires et copie-colle Wikipédia au lieu de chercher des informations. Tu nous dérange !
  • Toi, victime d’accusation de fraude, n’informe pas les journalistes. Un pays censuré est tellement plus sympa… il y a tellement moins de problème quand personne ne se plaint.

— Liens —

— Actualité Wikipédienne —

  • Ouverture du vote de l’élection des stewards 2017.
  • GrandCelinien est admin. Félicitation !
  • Rama s’est vu retiré ses outils admins le 23 janvier suite à des contestations 😦

Important : Au cas où un inspecteur des impôts se promène sur ce billet, je déclare sur l’honneur n’avoir aucun lien commercial avec les organismes cités dans ce billet. Je contribue donc à améliorer le référencement des sites de manière bénévole 😉

Wikipédia terroriste

Wikipédia est monté d’un cran puisqu’elle ne se contente plus de relater en direct les actes de terrorismes  mais elle espère en provoquer… si on en crois Orange.

Capture d'écran site de redirection du ministère de l'interieur.
Drôle de surprise !!

Le fournisseur d’accès à Internet a en effet redirigé ses abonnés qui visitaient Wikipédia, Google ou OVH vers le site du ministère de l’intérieur le 17 octobre entre 9h30 et 11h30.

En classant le premier et le cinquième site le plus visité en France comme site faisant publiquement l’apologie d’actes de terrorisme, Orange a fait une belle boulette.

D’ailleurs en parlant de boulette, ça me rapelle quelque chose, mais quoi ?

orange

Il semble que les stagiaires d’Orange qui s’occupent de la communication et de la maintenance technique vont passer un mauvais moment 🙂

 

Droit à l’oubli

Depuis quelques temps, le célèbre moteur de recherche Google reçoit en grand nombre des requêtes demandant le « droit à l’oubli » permettant ainsi de cacher certains liens lors de l’affichage des résultats. Ainsi, Google est obligé de retirer des liens vers la célèbre encyclopédie en ligne Wikipédia.

Jimmy Wales a réagit à cela sur Wikipedia link to be hidden in Google under ‘right to be forgotten’ law (The Guardian) :

  • « C’est complètement fou et ça doit être corrigé »   
  • « Lorsque cela concerne de l’information vraie, non-diffamatoire et obtenue légalement, je crois qu’il n’existe aucun « droit » de censurer ce que les gens disent […] Tu n’as pas le droit d’utiliser la loi pour empêcher les contributeurs de Wikipédia d’écrire de l’information vraie, tout comme tu n’as pas le droit d’utiliser la loi pour empêcher Google de publier de l’information vraie. Wikipédia peut et devrait pouvoir travailler dur pour faire du bon travail, tout comme Google peut et devrait pouvoir travailler dur pour faire du bon travail. »

Il y a également eu des réactions sur le bistro dont Marvoir qui écrit « Ce droit à l’oubli est quelque chose d’infect. Bientôt, il ne sera plus permis aux historiens de signaler la moindre turpitude d’un personnage du passé sous prétexte que c’est désagréable pour ses descendants. »

Autres choses à savoir sur ce droit à l’oubli

Google doit retirer ces liens suite à une décision de la Cour de justice européenne de Luxembourg. Google dit avoir reçu au 18 juillet plus de 91 000 demandes pour supprimer un total de 328 000 liens. La plus grande partie vient de la France (17 500 demandes) suivi de l’Allemagne (16 500). Google indique également avoir retiré 53% des liens concernés sur ses sites européens.